Une peur étrange

Une peur étrange - Maélie Chassé

Depuis toute petite, je n'avais qu'une seule frayeur, devenir vieille. Non, ce n'était pas à cause des problèmes de pilosité des femmes d'âge mûr ou des rides, qui bien sûr, ne le cachons pas, me dérangeais aussi. Mais c'était surtout la peur d'avoir des varices le long des jambes.

Je ne pouvais vraiment pas m'imaginer un jour, avoir des tâches bleues le long des jambes, des vaisseaux apparents comme cela. Rien que le fait d'y penser, me donnait la nausée, la chair de poule, et me mettait dans tous mes états.

Je cherchais alors à savoir d’où provenait cette maladie, et à mon plus grand désarroi, je découvris que les femmes étaient beaucoup plus touchées par cela que les hommes. Malgré mon envie naissante de verser une cascade de larmes, en pensant que ceci allait m'être inévitable, je continuais à surfer sur la toile afin de pouvoir trouver d'autres informations. Je découvris alors, que c'était un problème vénal, et que les chances de l'éviter chez les femmes étaient minimes.

Je laissais alors couler de mes yeux une succession rapide de liquide lacrymal, accompagné de quelques étouffements. Je me lançais dans le sport pour améliorer le reflux sanguin en espérant que cela me permettrait de garder le corps de mes vingt ans, une fois que j'en aurais le triple.

Malheureusement, c'était peine perdue. À l'âge de quarante ans, je commençais à voir apparaître sur ma cuisse, près des genoux, une tache bleutée. En la voyant, je criais un grand « NON » qui traduisait à la fois mon manque de chance, ma peur, et ma frustration. Alors, je retournais une nouvelle fois vers le net afin de trouver la solution miracle, qui permettrait de supprimer cela.

Les vendeurs proposaient mille et une solutions, à des prix variés. Frustrée, et ne pensant qu'à me débarrasser de cela,  j'achetais toutes formes de produits « magiques » qui m'auraient soi-disant redonné mon aspect normal. Aucun d'entre eux ne fonctionna, bien que j’aie dépensé des centaines de dollars pour les acheter, et certains me causèrent même d'autres problèmes de peau, qui m'emmenèrent chez un dermatologue.

Le médecin me prescrivit des médicaments pour le problème de peau causé par le faux traitement, mais je ne pus m’empêcher de lui demander s'il était possible de supprimer les varices, ou du moins les réduire afin qu'elles ne soient plus aussi visibles. Il me donna alors une autre pommade, et des dispositifs médicaux. Trois mois plus tard, la taille de la fameuse tâche avait diminué de dix fois.