Rendez-moi mon nom

Rendez-moi mon nom - Maélie Chassé

Passer du temps avec Jessica, c’est toujours une bonne affaire en soit. Comment ne pas apprécier cette jeune femme, tellement sympathique, vive d’esprit, avec un sourire étincelant et qui de surcroît, n’a aucun mal à déployer avec « punch » des vacheries en tout genre, pour amuser la galerie. Je vous le dis clairement, être à ses côtés, c’est toujours s’assurer de passer de bons moments.

Je crois pourtant être en droit de dire que le rire à mille visages. Parce que lorsque l’on creuse et que l’on pénètre la psyché de mon amie, on peut vite se rendre compte que les failles sont nombreuses et incroyablement robustes. Sans vouloir rentrer dans les détails, celle-ci s’est construite sur de faux-semblants. Elle a vécu tout le long de son enfance avec sa mère et n’a connu l’existence de son père que très tardivement. Il était toujours très difficile pour une adolescente à l’époque, d’apprendre qu’elle n’a pas été reconnue officiellement, car née d’un amour interdit.

Je ne suis nullement ici pour juger de ce qui est bien, ou de ce qui est mal. Je ne fais que relater une histoire triste, qui en réalité, se termine bien. Figurez-vous que lorsque la mort nous invite, se faisant fait lente et douloureuse, nous avons quelques prises de conscience. Je ne saurai dire s’il s’agit de bonté, de regret, ou tout simplement de justice, mais le papa de Jessica, a fini par laisser éclater la vérité au grand jour. Une vérité de conséquences, cela va de soi, mais qui se devait d’être étalée. Alors bien sûr, cela ne s’est pas fait sans éclaboussure. Les uns et les autres ont fait des choix, quelquefois malheureux, quelquefois honnêtes et justes.

Toujours est-il, qu’après la mort, s’en suit diverses procédures longues et malsaines. L’analyse ADN l’y aidant, Jessica est devenue « la fille de son père ». Ce nouveau statut l’autorisant de plein droit à bénéficier, au même titre que ses demi-frères paternels, de son héritage. Un spécialiste de la gestion du patrimoine l’a d’ailleurs épaulé, afin qu’elle puisse être sensibilisée sur toutes les démarches administratives à prévoir et valider. Une véritable aubaine pour elle qui se sentait particulièrement perdue et esseulée. Même si tout n’est pas rose et qu’il y a encore un long chemin à parcourir, il est bon de voir que petit à petit, la vie de Jessica s’améliore. Bien sûr, le passé est, et reste le passé. On ne l’oublie pas, mais on passe par-dessus, en prévision du meilleur. Bonne chance à elle !!!